Lundi 30 Janvier 2012, Ste Martine

PAF... la symphonie muette ...

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Attention, vous êtes peut-être le 20000 ème visiteur ! ;)
 
 
 
 
/!\ A ne pas manquer  /!\
[ Revue Empreintes ]
 
 
« Empreintes » est un chemin collectif, l'orée d'une écriture, les pieds qui le forgent marquent ici leur vigueur et tracent la route de leur jeunesse. Suivre, poursuivre. Atteindre des sentiers nouveaux, sortir de la forêt, mesurer notre peau à la chaleur des regards, à leur sécheresse, et parfois, leur froideur. Voilà notre ambition.

Pour la plupart sans expérience éditoriale, sans expérience tout court, nous venons à vous presque nus, sans nom, quelques syllabes dans les poches, tout au plus quelques vers. Je conviens qu'il est audacieux d'afficher ainsi sa nudité, son inexpérience, certains pourrons même rire de notre audace ; mais dans un monde où la littérature est devenu business, où les jeunes auteurs sont boudés par l'édition (nos noms inconnus ne font pas encore recette), où la poésie est souvent moquée, au mieux, murmurée, une revue internet nous a semblé la meilleure option pour libérer nos voix du silence assourdissant. Les amplifier. Les diffuser.

Certes, internet est un océan que remue la cacophonie, et perdus en son sein nous sommes tels ces naufragés qui lancent une bouteille à la mer. Et pourquoi pas ? Vous êtes ce navire qui nous délivrera du néant. Et pour cela, vous méritez nos plus sincères remerciements.

En dépit de notre inexpérience en la matière, Empreintes se veut un projet sérieux, littéraire, découvreur de talents. Sans carcan que la qualité, nous porterons toujours notre exigence au plus haut, et jeunesse n'excusera jamais indécence littéraire. Une cohérence dans le choix des textes reste encore à trouver. La poésie servira de dénominateur commun, la poésie non comme genre mais comme rapport au monde. Elle nous fondra dans son moule indomptable, changeant, moqueur des formes et des règles du réel. Nous croyons que le monde est à déshabiller, à l'infini.

Ces premières traces, ces premières mains qu'on appose contre la paroi de vos cœurs, nous les voulons tendres mais sans faiblesse. Prenez les, tournez les, vous y trouverez peut être l'éclat de votre propre jeunesse, une clé, un talent.

Bien cordialement,
 
 
N°1 de la Revue des jeunes auteurs  :
 
 
 
 

Pour toute proposition de texte(s) pour les prochaines parutions de cette revue, veuillez, s'il vous plait, joindre vos textes à l'adresse suivante : damienlechiquou@msn.com
en pensant bien entendu à nous faire par d'un court récit sur votre personne afin d'éviter tout vol de texte, etc.
 
 
 
 
 
 
  N'hésitez pas à aller faire un tour ici, il y a des personnes formidables : 
Et dans la lancée...
 
http://coeurdefunambule.e-monsite.com/
http://danielpages.over-blog.com/ext/http://www.libertybook.fr/danielpages.html
http://tapages.over-blog.fr/
http://emiliecartier.canalblog.com/tag/Emilie%20Cartier
 
Bonjour tout le monde et bienvenue.
 
 
 
Avant toutes choses, je fais un grand clin d'oeil à tous mes lecteurs, à ceux qui suivent mon évolution et qui ne cessent de m'encourager, c'est à moi de vous dire merci !
J'espère continuer à partager de bons moments avec vous, et continuer de vous faire voyager.
Sur-ce, bonne lecture et à plus tard !
.
 
Voici le premier venu dans la famille :
http://bouquinstinct.leforumbleu.net/emeutes_damien.htm
 
 
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(Le recueil est aussi téléchargeable en version PDF )

Bonne lecture à tous et bonne visite.

Cordialement,

Damien Corbet.
 

Bonjour à toutes et tous !

 

Avant tout, je tenais à vous remercier pour beaucoup leurs visites répétées sur ce site, il faut croire qu'il y a matière à plaire !

En second lieu, je m'excuse pour le manque de nouveaux articles depuis quelques mois étant occupé sur un projet de roman posté (Du moins, un extrait) sur ce site.

Par ailleurs, et concernant celui-ci, si jamais certains d'entre-vous souhaitent avoir d'avantage d'extraits ou de suivre de plus près l'avancée de ce roman, il vous est possible de me joindre par mail à l'adresse suivante pour plus d'informations :

damienlechiquou@msn.com

 

 

En vous remerciant.

Tags associés : Petite, note

J'kaz !
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Le Samedi 09 Juillet 2011Poster un commentaire
 
 
[ Revue Empreintes ]
 
 
 
« Empreintes » est un chemin collectif, l'orée d'une écriture, les pieds qui le forgent marquent ici leur vigueur et tracent la route de leur jeunesse. Suivre, poursuivre. Atteindre des sentiers nouveaux, sortir de la forêt, mesurer notre peau à la chaleur des regards, à leur sécheresse, et parfois, leur froideur. Voilà notre ambition.

Pour la plupart sans expérience éditoriale, sans expérience tout court, nous venons à vous presque nus, sans nom, quelques syllabes dans les poches, tout au plus quelques vers. Je conviens qu'il est audacieux d'afficher ainsi sa nudité, son inexpérience, certains pourrons même rire de notre audace ; mais dans un monde où la littérature est devenu business, où les jeunes auteurs sont boudés par l'édition (nos noms inconnus ne font pas encore recette), où la poésie est souvent moquée, au mieux, murmurée, une revue internet nous a semblé la meilleure option pour libérer nos voix du silence assourdissant. Les amplifier. Les diffuser.

Certes, internet est un océan que remue la cacophonie, et perdus en son sein nous sommes tels ces naufragés qui lancent une bouteille à la mer. Et pourquoi pas ? Vous êtes ce navire qui nous délivrera du néant. Et pour cela, vous méritez nos plus sincères remerciements.

En dépit de notre inexpérience en la matière, Empreintes se veut un projet sérieux, littéraire, découvreur de talents. Sans carcan que la qualité, nous porterons toujours notre exigence au plus haut, et jeunesse n'excusera jamais indécence littéraire. Une cohérence dans le choix des textes reste encore à trouver. La poésie servira de dénominateur commun, la poésie non comme genre mais comme rapport au monde. Elle nous fondra dans son moule indomptable, changeant, moqueur des formes et des règles du réel. Nous croyons que le monde est à déshabiller, à l'infini.

Ces premières traces, ces premières mains qu'on appose contre la paroi de vos cœurs, nous les voulons tendres mais sans faiblesse. Prenez les, tournez les, vous y trouverez peut être l'éclat de votre propre jeunesse, une clé, un talent.

Bien cordialement,
 
 
N°1 de la Revue des jeunes auteurs  :
 
 
 
 

Pour toute proposition de texte(s) pour les prochaines parutions de cette revue, veuillez, s'il vous plait, joindre vos textes à l'adresse suivante : damienlechiquou@msn.com
en pensant bien entendu à nous faire par d'un court récit sur votre personne afin d'éviter tout vol de texte, etc.
 
 
 
 

Tags associés : Revue

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Le Lundi 26 Septembre 2011Poster un commentaire

Suspendu.

Tags associés : proxenete, suis, putain

J'kaz !
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Le Lundi 06 Juin 20111 commentaire(s)

Psychose

 

ici… Seul Dieu n'a besoin de rien. Ni de nous, d'autant moins de lui-même.

 

C’était comme un film qu’on regrette d’avoir tourné, haché de voix éparses. Il y avait des visages sans unité de sens, des pas sans cohérences, sans ondes musicales, où la chair triste et parfaite s’effondre pour se rendre à la vie.

On voyait parader le corps inerte de vieux hommes où vient chanter le miracle des mots, où vient naître en leur cœur l’impossible, et nul n’approche de quiconque sauf par la pensée.

Monde, le ciel telle une folie ouverte aux yeux et délires baroques, qui, le soir venu tombe cannibale telle une célébration érotique.

 

 Les gens n’étaient qu’un poème continu qu’on frappe, qu’on ouvre, qu’on tonne et qu’on respire ; et ce chant dans les profondeurs du temps restera la houle échappée du poème.

Tags associés : Psychose

J'kaz !
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Le Jeudi 05 Mai 2011Poster un commentaire

Voilà voilà voilà, la sortie du recueil " il fut un temps...l'ailleurs" est efin officielle, vous pouvez dès à présent vous le procurer via la commande en pré vente avant la sortie officielle le 21 Janvier.

Je compte sur vous pour le bouche à oreilles et autres moyens de communications pour parler de ce bouquin si jamais il vous touche vraiment :)

 

Bonne lecture à tous !

 

 

 

Tags associés : Bulletin

J'kaz !
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Le Jeudi 09 Décembre 2010Poster un commentaire
Paris, Automne 1992.


Aux libres penseurs, il ne persiste que la liberté d’avoir été l’objet d’un désir commun.






Par-delà les vagues de toits – où l’insouciance de tendre leurs mains pour abreuver leur soif tombe de distraction comme tout jeune enfant-, il y a une femme déjà ridée et sans objet comptant, une femme sans histoire, mais qu’on pourrait conter.
C’est une femme banale – tout en sachant que la recherche de la banalité est en somme d’une originalité sans pareille-, qui ne sait que du goût, le bon vouloir qu’on lui offre lorsque chacun l’achète.
En face d’elle, se trouve un homme tout aussi commun qu’elle et qui, en se couchant comme tout être sans intérêt, ne compte en lui seul, que la fierté d’avoir vécu.

Par ailleurs, j’aurais refait sa vie comme celle de tout autre et ce, tout aussi aisément.
Mais celui qui se penche sur autrui en pensant connaître le monde telle une chose qui lui est ne peut que de son geste lui concéder une part sans âme, fondée sur presque rien.
Tandis que pour tous ceux qui de leur esprit superficiel, ne faisant preuve que de despotisme, effleurent d’un regarde absolu et nihiliste ces dits « pauvres hommes »dans leur bouche orgueilleuse, il n’y a que celui qui n’a nulle connaissance du complexe, vivant dans l’illogique, qui se verra acteur et maître d’ô combien de luxes, sans demander une scène pour y jouer sa vie.
D’ailleurs, le monde lui-même est nihiliste si on le restreint à l’homme, on du moins l’image qu’il en émerge. Car tout homme dit « indépendant », il est vrai, vie dans l'illusion du libre arbitre, mais se dire indépendant reviendrait aussi à dire « Je suis ce que je suis », alors qu’en somme, ce qui l’en ressort bien souvent est « Je suis ce que je dois être », d’où la notion de devoir, contre-indiquant toute indépendance morale et physique.
Mais tu sais, là-bas, en parcourant les rues, On y croise des femmes qui t’accueillent sans visage et qui, du plus éblouissant, du plus profond et fécond des regards, se font soleil d’un souffrant bonheur.
Tu sais, là-bas, personne ne dit « je suis… »
C’est comme être l’image d’un homme mettant ses mains sur son visage, ses doigts tels des barreaux, constituant sa cage, et, en daignant la détruire, se briserait chacun d’eux sous peur d’écrire une histoire qui ne lui siérait pas.
Mais l’idée de ne rien être reste un privilège qu’on ne donne qu’aux pauvres…
Tu sais, là-bas, en parcourant les rues… là-bas ;

Par-delà les vagues de toits – où l’insouciance de tendre leurs mains pour abreuver leur soif tombe de distraction comme tout jeune enfant-, il y a des femmes déjà ridées et sans objet comptant, des femmes sans histoire, mais qu’on pourrait conter, et des hommes… qui dansent tous en ronde, qui donnent sans compter, quelques trous dans les poches…



Des gens qu’on donne, pour en garder le nécessaire, des gens qu’on plaint, qu’on fredonne et qu’on laisse, pour garder bonne conscience, des gens et… et eux comme une chanson dans la tête, et…

Et l’on offre ses mains, pour tourner d’innocence,
Et l’on offre ses pieds…
C’est la chanson du pauvre… qui sonne sur le sol
Et les misères du riche, qu’on accepte en ses mains…
Et l’on offre ses mains…
Pour disparaitre,
Pour ne plus garder pied…
Et être riche d’un geste,
Qui poursuivra demain…


Des gens, tel un mouchoir au vent, des gens comme un… « Nous avons besoin d’art… ».




© Damien Corbet - Extrait du recueil " Comme un trou dans la poche" -Tous droits réservés

Tags associés : Paris, automne, 1992

J'kaz !
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Le Mercredi 03 Novembre 2010Poster un commentaire
Le gouffre.

Parallélisme et autres dévergondes.






A l’angle du troisième boulevard là-bas sur les usines, le jour se lève incendié comme un homme creusé des poumons, sous la discorde des souffles. Août 1830, Singapour, comme un trop plein de visages étouffants sur la vitre d’un train. Dans les rues lorsque la ville s’éveille, on voit les femmes sortir sous de grandes robes de lambeaux figés de ce dernier printemps. On laisse venir le brouhaha des hommes sortant d’une rue sombre et qui d’un ton, s’arrache, comme une partie de moi. Sur la place du marché comme chaque matin, on y trouve des hommes aux noirs pieds nus d’argent, aux mains pâles et glacées, et tout comme eux, l’obscur et son étreinte m’ont tendu les bras. Alors, tapis sous mes yeux ternes, la lueur de l’aube comme minée de nuits s’est éteinte en morsures.
Demain j’irai comme trop d’hommes l’ont fait, pour ne trouver que moi. Et finalement, sans cesse j’ai dépeins ma tête sur je ne sais quelle terre, j’ai vu l’automne et ses lyriques valses mortes, j’ai couru bien des ports pour n’y voir que la mer, et touché trop de femmes d’une pâleur sans astre.
J’ai pris les trains comme un foulard au vent, sans abord à mon quai, sans raille à mon chemin mais…
Ce soir le ciel tombe d’un signal de fête. Et Qu’est-ce que le ciel s’il n’existe pour les fous ?
Je me souviens, de lumières sinistres mais nues au cœur de l’homme qui – quand bien même serait-elles impitoyables-, savaient gâter les pauvres. Et doucement je fredonnais : « C’est maintenant la paix, ici, lorsqu’elles excitent hargneusement… ». De toutes parts du globe vous autres -tout homme imitant tous ces sens et sentiments compliqués-, jetiez la délivrance dans votre solitude. Pourtant, d’un feu d’artifice souffrant, dans vos esprits brûlants de distinctions, la gloire d’être un fou –comme toute personne qui ne le crierait pas- se couchait étrangère sur trop d’horizons.
Alors dans les rues j’écoute le cauchemar des vieilles avenues d’une présence vacillante, le bruit des pas qui chaque soir déteignent la nuit par de chroniques malaises… et la lune. Après tout, à chacun sa chimère. À celui qui du champ fait un sac à son dos, à tous ceux qui, perdus, chaque instant questionnent les hommes sur leur propre chemin, à celle qui chaque jour et chaque seconde condamne sa physionomie, résignée face à ceux qui l’éloge à toute heure.
J’aimerais lancer aux robes du matin le sauvage des femmes si l’âge des vieux gens ne pense plus à plaire. À chacun sa chimère, la mienne n’est qu’elle tant qu’elle n’est qu’objection, tant qu’elle n’est qu’abstinence… aux rives du repos.
Août 1830, Paris, s’ils sèchent avant l’aube.
Sur la scène du monde un nouveau jour s’avance. Sur son grand linceul gris troué, le ciel s’étale sous une foule de gens sans profondeur. Le long d’une rue non loin de l’esplanade des invalides, se tiennent comme chaque jour les artistes d’êtres sans attention, excellant dans les rôles muets, et pourtant si excentriques lorsque de vert leurs vêtements s’arrachent pour habiller le vent.
Plus loin, au milieu de la place, un homme contemple le monde quand vient s’éteindre la nuit, crachant de ses cheveux emmêlés, ces semblants de hauteurs qui surplombent les ombres. Au milieu de ses mains, dans ses paumes, sous ses pieds, dansent des hommes et d’une simple fuite, il leur trace sa route, déchirée sauvagement d’une ligne d’horizon. Lorsque l’horloge du cloché de la gare sonne, il baisse lentement la tête vers le sol et soudainement tout de lui tourne, ses yeux, à s’inventer des jours, à décompter des nuits, pour vivre en son regard ces belles échappées, dérobées un instant entre sommeil et pluie. Alors il chante de sa gorge brûlée, par les tréfonds d’une bouteille, les airs d’une chanson d’un Ouest édulcoré, jusqu’à ce que sa tête tombe dans ses bras qui s’engouffrent, où ses yeux suivent encore le soleil enrobé d’un point de fuite, l’ivresse peignant le froid sur son torse dénudé.
Ont est tous un peu lui…

Pourtant,

Dans ce long couloir qu'est l’attente et l’estime de ma propre personne, il y a des gens qui passent, des gens du monde marchant telles d'intouchables figures, avec l’angoisse, l'angoisse d’une curiosité, d'appartenir à quelconque événement, marchant, parallèles aux murs. Certains reviennent, parfois, dans l’irrésistible attention de voir le spectacle de ma solitude. D’autres encore, se collent masquent d’ombres de peur d’êtres aperçus d’un regard trop soucieux, où pour semblerait-il, essayer de comprendre le vide qui érige mes murs, comprendre ce vide qui parfois s’adresse au silence pour ne pas sous-entendre, et le monde, plein d’événements étranges, de fêtes, de femmes et de frivolité, comme l’énigme d’un tableau.

Par moment j’avance quelques pas pour écouter naïvement les femmes échanger quelques rires, jusqu’à ce que ce gouffre avance emportant avec lui les joie de mon enfance, les sanglots d’un mythique septembre, les chaleurs d’un mystérieux feu d’hiver n’étant qu’une ridicule invention à laquelle je suis encore le seul à croire, et ma gorge… accrochée silencieuse.
C’est comme si nous avions tous vécus dans une galerie, ces gens dehors, ces personnes au-dedans qui, en l’espace d’un instant, se déformaient lorsque j’y pose un quelconque intérêt, se parant toutes les unes après les autres de grimaces étranges, aux croisements de mon étroite pièce.
C’est comme regarder dans une flaque et promettre à son propre reflet qu’il n’y aura plus rien sous crainte de se défausser à nouveau… et finalement se dire que les promesses n’engagent que les personnes qui le reçoivent.
Je pense - bien que penser n’est plus chose facile- que si l’obligation ou l’idée d’émettre un quelconque sens à décrire ma personne se présentait à moi, je me couperais en quatre :

- Celle qui pense au fond d’une pièce noire, sur la figure qu’il se donne tel un homme.

- L’autre un peu moins solide mais bien plus entourée, qui plaide son humanité.

- La troisième, chaotique réunion des deux parts précédentes qui ne sauraient se décider de peur de se montrer semblable au commun ;

- Et pour la finir, la bête, qui finalement se montrerait parfois bien plus habile et sensée en agissant par instinct, plutôt qu’être en soi-même qu’une question sans point.

Lorsque la nuit vient rejoindre l’inquiétude de ma pièce, j’entends des hommes –Ou du moins, ce qu’il en reste-, s’adorer, s’aimer, jusqu’à travestir leur ombre.
Cependant, je ne jugerais pas ces gens, puisqu’il m’arrive aussi d’afficher cette facette, à parler à l'absconse en disant presque vulgairement :

J’ai tatoué sur ton corps bien trop de tours que l’on conte, et mon cœur, je l’ai donné, je l’ai repris, il fût un temps là-bas mais… ce n’était pas grand-chose. Madame, ce soir l’espoir flambe comme un sombre village, c’est l’heure de l’amour aux ardentes névroses… Ô douce, laissez-moi me blottir en votre ventre, là-bas où bien trop d’amants se retournent mais ne crient. Ô ma tendre ce soir je serai soldat mais laissez moi périr comme meurent les fous, laissez-moi déposer sur vos seins, l’homme qui vie lorsque le jour s’y achève…

Et tout ceci pour finir visage sur main, en rabâchant à tue-tête :

La vie, c’est insensé, c’est comme prévoir les derniers jours d’hiver, et passer la frontière d’une tierce chanson, pour prendre part au vide qu’émet notre raison, et se voir fondre un peu.

15h00 ma ville, mon cube, et les gradins qui tombent. Des yeux des cris des mains ?
Une mère brandit son fils
Sanglots
Une larme de
Colère
Tombe
Pour creuser son
Berceau
Et faire renaitre l’innocence…

Des pas toujours des pas la vie une enclume qui ne retient plus l’homme
15h00 ma ville il y a des jeunes morts et grands brûlés les poumons rouges flambants de feuilles dans les yeux et les doigts qui se cendres c’est comme courir la rue en trônant sur la mort tout est poussière et tout recouvre l’inconscience c’est comme courir la rue sur un sol mouvant et ne voir en tout ce qui m’entoure qu’une vile image blanche traçante parsemée de points noirs et
Le doute





Il n’y a que moi qui compte.





Damien Corbet - Extrait du recueil " Il fut un temps... l'aileurs "- Tous droits réservés.

Tags associés : gouffre

J'kaz !
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Le Lundi 25 Octobre 2010Poster un commentaire

Pensée

 

 

 

« La mort dans la vie, c'est inalliable, c'est répugnant ; la mort avec la mort, c'est approchable, ce n'est rien, un ventre peureux y rampe sans trembler. »

 

  • René Char  -

 

 

 

 

J’ai retrouvé des images blanches se tachant de toi, un brin de tout,  qui s’évade et file toujours un peu plus loin.

 

Mais pour connaitre l’absence,

 il faut connaitre le besoin, 

et admettre mon corps,

tel un homme qui n’a plus d’organe.

 

Parfois,

 

J’imagine mon âme, transportable mais toutefois divisible, comme toute chose qui est. Pourtant, Il fut un temps où rêver sans apprendre sut être un privilège, et ce temps, ou rêver du même rêve se voit être un refrain.

Tu sais, j’ai réservé le dernier mur, celui qui te dit bête d’avoir cru l’infini, mais qui sait dans ton dos n’être qu’une poursuite continue.

C’est comme  porter l’angoisse, puis avorter d’une souffrance froide et sans image, sans sentiment, une ponctuation aussi puissante qu’un couteau où tous les mouvements restent figés, où, comme un écho l’esprit s’étrangle et se coupe lui-même.

Etrange.

Comme croire en la pensée, qu’i l existe un obstacle pour jouer du bonheur.

L’instant, comme celui d’hier… Je l'imagine plein d'échos, de gouffres,  d’arpèges et de retournements ;

Je l’imagine, pourtant si défini, tel les jures  de la poudre pour élancer l’action, tel un claquement de langue consent, faisant tourner en tout sens ses yeux– et se tue.

 

J’ai retrouvé l’espoir, la vie, l’absence, et découvert en eux, la forme d’un front qui pense

Mais...

 

C’est comme

Regarder les nuages passer

 

 

 

L’amnésie est une petite mort en soi.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Notre figure terrestre n'est que le second tiers d'une poursuite continue, un point, amont. »

 

  • René Char   -

 

 

 

© Damien Corbet - Extrait du recueil " Il fut un temps... l'ailleurs" -Tous droits réservés.

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J'kaz !
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Le Dimanche 22 Août 20101 commentaire(s)
Divagation







Juin 1992, l’amour est une photo qui brûle lorsque le romantique se lasse sur les courant du temps mais…

Sur l’avenue de Market Street, j’écoute les routes roucouler sous quelques pas pressés. Je loge depuis deux jours dans un petit motel à la croisée de la 5ème et 4ème avenue. En ce mardi 18, les heures se font longues et s’accrochent aux derniers plis d’une vieille tapisserie bleue. De temps à autres, j’entends quelques demoiselles revenir des rues, laissant dans le couloir quelques soupirs inégaux s’estomper comme la vibration d’une corde qui se rompt. Dehors, le jour se lève incendié comme un homme creusé des poumons, des hommes marchant au loin tandis que d’autres parlent d’ici. On y voit des gens courir comme un trop-plein de visages étouffants sur la vitre d’un train, laissant aux vagues quelques amours se bousculer. Accoudé au bord de ma fenêtre, l’immeuble se tenant en face semble bien bavard, il y a des couples se lançant divers soupçons sur une musique absconse, peut-être est-ce du jazz ? Quelques appartements plus bas, une longue chevelure noire danse au vent alors même que son ombre s’abreuve vainement d’un courant sans histoire. Au bout de l’avenue travaille Marianne, une jeune fleuriste tout juste sortie de son bouton, pavanant dans sa robe de lambeaux figés de ce dernier printemps et, comme chaque jour, un homme en costume blanc passe la voir armé d’un grand sourire niais mais… Ce soir, le ciel s’endort d’un signal de fête.
Et Qu’est-ce que le ciel s’il n’existe pour les fous ?
Je me souviens, de lumières sinistres mais nues au cœur de l’homme qui – quand bien même serait-elles impitoyables-, savaient gâter les pauvres. Et doucement je fredonnais : « C’est maintenant la paix, ici, lorsqu’elle excite hargneusement… ». De toutes parts du globe vous autres -tout homme imitant tous ces sens et sentiments compliqués-, jetiez la délivrance dans votre solitude. Pourtant, d’un feu d’artifice souffrant, dans vos esprits brûlants de distinctions, la gloire d’être un fou –comme toute personne qui ne le crierait pas- se couchait étrangère sur trop d’horizons.
Alors parmi les rues j’écoute le cauchemar des vieilles avenues d’une présence vacillante, le bruit des pas qui chaque soir déteignent la nuit par de chroniques malaises… et la lune. Après tout, à chacun sa chimère. À celui qui du champ fait un sac à son dos, à tous ceux qui, perdus, chaque instant questionnent les hommes sur leur propre chemin, à celle qui chaque jour et chaque seconde condamne sa physionomie, résignée face à ceux qui l’éloge à toute heure.
Et moi j’aimerais

lancer

 

Aux robes du matin
Le sauvage des femmes
Si l’âge des vieux gens
Ne pense plus à plaire.



À chacun sa chimère, la mienne n’est qu’elle tant qu’elle n’est qu’objection, tant qu’elle n’est qu’abstinence… aux rives du repos.

Au café au A du vieux port, tout au bord du ciel, je laisse le vent conter les histoires de l’autre bout, là où les femmes de café rougissent leur gorge de roses fanées, comme dirait le patron du News Hanton’s. Chaque mercredi matin aux alentours de trois heures, John vient morne et fastidieux, accompagné de son harmonica. Ici, les gens l’appellent « Le russe », faute d’avoir un visage trop sévère, paré de quelques traits trop prononcés. Il répète chaque matin ô combien l’homme fonde trop d’espoir sur son lendemain, et que la course des heures est trop stupide. Les gens pourront vous dire maintes et maintes fois mille injures sur sa personne, mais John lui, c’est l’homme, le vrai, finalement. Celui qui ne songe pas, qui n’aime pas réfléchir et qui, une fois la tête levée se dit… peut-être. Il rabâche aussi souvent que le monde n’est finalement qu’une grande pièce noire en ajoutant que, quoi qu’il advienne : « Demain j’irai comme trop d’hommes l’ont fait, pour ne trouver que moi. »

Sur le chemin du retour, au croisement de la 1ère et 2ème avenue, aux alentours de six heures, il y avait deux étrangers assis sur un banc près d’une presse dansant sur quelques accords alors que le jour se levait tout juste. Il y avait aussi le petit Pranson qui courait après sa feuille alors qu’elle-même s’évadait à la recherche de faits divers. Plus loin les commerces commençaient à bâiller, laissant quelques gens fortunés s’aventurer en leur bouche, pour en sortir plus bavards. J’ai trop de paysages qui parlent dans mes yeux…

Une fois arrivés devant le motel, la 4ème avenue du bout de sa langue encore humide laissait place à l’aurore, alors les paupières des immeubles avoisinant ce spectacle s’ouvraient doucement comme une porte grinçante pour laisser place au quotidien. Alors les Dames sortaient pressées comme une pluie battante, les hommes venaient s’asseoir près des rues pour oublier leur jeunesse le temps d’une journée. D’autres encore partaient vers quelque part, des étoiles aux yeux comme une foule d’enfants, puis s’estompaient doucement comme une chaîne qui s’use maille après maille. Aujourd’hui, San Francisco s’éveille fier de son monument, car tels sont ses habitants, libres et grands mais pourtant si uniques, mais les grands mots ne font pas les grands peuples. Comme dirait John, « voici l’heure du larcin où l’homme vient clamer son nom pour un semblant d’existence »… Mais finalement qu’est-ce que le temps, et l’homme… puisque le point ne terminera jamais. Alors demain, dès l’ivresse du soir, nous partirons là-bas, s’ils sèchent avant l’aube.

 

 

 

Extrait du recueil : Il Fut un temps... l'ailleurs. Tous droits réservés. (Toute reproduction, même partielle, peut entrainer des poursuites judiciaires. )

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J'kaz !
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Le Mercredi 04 Août 2010Poster un commentaire

Broken Road






Quelque part au Texas… juste le temps d’un verre.


J’ai suivi bien des routes en esquivant les bandes, sans cesse, taillé au fond des yeux la direction des pierres, pour finir par tomber comme l’engelure qui me pendait au cœur. Il est fini le temps des lentes valses lorsque vient le froid, qu’entre deux verres, deux glaces et quelques trainées d’âge, l’homme ne trouve d’attirance au long souffle d’été qui parcourait son cou. Assis prêt de Broken road, je crache dans mes paumes pour retenir le temps mais… ça m’est égal de mourir à l’aurore.
Perdu, je rêve d’une femme aux longues tresses brunes, au fort goût de tabac, le corps à corps plein les yeux et ne jamais compter, rêver, d’un tout sans importance lorsque les gestes sont des bras qu’on va jeter au sol.

Quelque part… juste le temps d’un verre, je veux boire à l’errance, à ces bras secs et leurs regards en vagues, briser le vent qui répète sans cesse : « J’ai bien trop d’amis morts et qui ferment ta marche sans lever les yeux ».

Sur la Broken Road, j’y rencontre des gens au tracé lourd de blessures, qui boivent aux longues fissures d’un carrefour, la bouche en cœur, le corps délaissé, jusqu’à trouer le temps de longs courants amers.
Alors je rêve d’un train qui chevauche vers le nord, les coudes serrés contre la route.
Broken Road, je te rêve telle une femme défaite qui tasserait ses mains, qui, les yeux tels de vieilles mines froides me tueraient de peur d’êtres trop belles, aux brûlures de mes mains.
Et comme une rue charpentée vient s’asseoir au rebord, mes bras feront tes quais, morts, jusqu’à ce qu’un autre homme vienne faire tes reins.

 

(Peinture de Cédric Malaunais)

 

Damien Corbet - Extrait du recueil " Il fut un temps... l'ailleurs" - tous droits réservés.

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Le Dimanche 16 Mai 20101 commentaire(s)
C’était hier.
Femmes des rues, femmes du monde.





Singapour, juin 1992,
elle avait le sourire qui pendait à sa robe.

À ce jour j’ai connu bien des femmes, peut-être même un peu trop.
Sous quelques roucoulements marins, j’ai vu la rue, les femmes, les voiles, les flots et les cent pas d’un homme s’en aller sans vague. Au croisement d’Emerald Hill Road, les berges écoutent ce que disent les gens. Ici, dans cette forêt d’hommes au cœur de vinaigre dur, les yeux fourmillent et les langues se retournent. Moi, dans ces couloirs sans pompe où les lumières s’estompent au tournant, je regarde la ville brûlée lorsque le ciel se résorbe en cris. Alors je marche, je contemple l’ombilic tracer sa route parmi les hommes. Ce soir, les rues s’animent et j’y croise des fourbes, j’y rencontre des femmes aux longs habits d’escales, au port braillant lorsqu’une barque s’y mouille… et Lucie. C’est une femme de verre brisé où l’on voit dans ses yeux, son corps, cette mer pouilleuse d’îles qui craquent aux doigts, que j’embrasse sans broncher. C’est un être tout de nuit couvert, aux longs cheveux d’orages, aux seins reliés par trop de paires de manches, suspendus à ma bouche. Et moi, j’aime les femmes des rues, puisqu’elles changent les femmes. Singapour, juin 1992, elle avait le sourire qui pendait à sa robe, c’était hier… mais l’étreinte poétique comme l’étreinte de chair, tant elle persiste, défend toute échappée sur la misère du monde.

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Le Vendredi 30 Avril 2010Poster un commentaire
A l’heure où celui qui veut peindre…






Minnesota, 1869,là où nul ciel ne s’azure.

Sur la place de Brooklyn Park, j’ai pris du papier blanc et des couleurs à l’eau. Autour de moi, il y a des femmes qui s’imaginent des toits rouges de blessures, de vieux hommes paisibles comme le front pensif d’un enfant, et parmi l’immobile, des jeunes trop venimeux pour penser à s’étendre. Alors, à l’heure où celui qui veut peindre inclut dans sa raison que nul ciel ne s’azure, j’embarque mes folles ressemblances. Sur la petite estrade qui jonchait la place, il y avait un homme en costume blanc qui baladait ses pieds, claquants telle la langue d’un chien satisfait. Plus loin, ses souliers verts sautaient comme deux hommes saouls trop contents sur leur chaise. Caché aux creux des arbres, il y avait des jeunes aux longs cheveux rêvant le ciel paré par des ballons d’enfants. Et moi j’irai par delà les allées jusqu’au bassin mourant, perdre mes yeux parmi les bouches froissées, où d’éternels parfums s’érigent encore dans ses creux, pour n’en faire qu’un bouquet. Pourtant, prêt du banc gris qui bordait les saules riverains, il y avait le vent qui poursuivait les femmes, tandis qu’elles-mêmes poursuivaient le vent. Minnesota, printemps 1869, à l’heure où celui qui veut peindre médite d’un ouvrage, j’ai vu des femmes où nul ciel ne s’azure, et ses yeux délavés, pour n’aimer qu’un mirage.

 

Damien Corbet - Extrait du recueil " Page après page" - tous droits réservés.

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Le Mardi 13 Avril 20101 commentaire(s)

Petit message d'excuse envers les lecteurs puisque je ne publies pas beaucoup de textes ces derniers temps. J'ai quelques soucis de santé importants, donc faute de temps...puis je suis aussi sur l'écriture d'un roman poétique façon carnet de bord (Oula, compliqué me direz-vous ?), qui, je pense, sera terminé en fin de semaine. Donc un peu de patience, et les textes reviendront.

 

Bien à vous, et merci pour vos lectures et commentaires,

 

Damien.

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Le Lundi 29 Mars 2010Poster un commentaire

 
Apprendre et apprendre sans jamais comprendre…






Passons, passons puisque que le temps s’échappe, je vis pour ceux qui marchent lorsqu’au bout certains se tournent de trop souvent. D’un pied, les yeux levés au ciel et d’une clape le vent tourne, je suis pianiste d’une musique sourde qu’on écoute sous battements. Alors je vis, je meurs de détails, je me retourne trop souvent et cris tout bas ce qui rend nos amoures pathétiques. Alors je ris, j’écœure lorsqu’on danse au crépuscule, et berce les noirceurs sur les tréteaux d’un corps. J’aimerais tes lèvres en note comme on vante les tours, et les manies d’un bras tendu, pour accueillir les mœurs d’une femme privée du jour. Passons, passons puisque l’âge sonne d’une demi-mesure, puisqu’on salue l’abord en excusant le fond, je vis, et je m’effondre tel ciel sans teinte, sans spectateurs pour conclure. Alors j’admire, j’apprends, comme on décroche cents sourires aux astres pâles d’un aveugle, je veux frôler ton ombre lorsque l’aurore et mise à nue, et comprendre…
Et j’attends
Ma jeunesse est un fruit qui mûrit sans s’étendre, ô femme j’aimerais des la et si pour espérer t’entendre. Je suis chanteur, les doigts vastes et étranges, alors on parle de l’homme comme un mal vu partout, et l’on clame louanges, aux gens perdus d’ici.
Et j’attends
Non libre de tous liens, une chanson ô combien sans chérir se meurt dans mon cœur, pour apprendre, et apprendre sans jamais comprendre…


© Damien Corbet -Tous droits réservés.

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Le Vendredi 26 Mars 2010Poster un commentaire


Chaperon des étoiles




Année 1856 : Ruelle d’un quelque part aux attraits pourpres.

Il est seize heures et les foyers s’envolent. Il est des jours où les écoliers traînent leurs sacs comme de vieux corps rouillés, où les hommes pendent leurs ombres aux paliers, droites comme de grands démons masqués.
Alors il est des lunes qu’on accroche à nos avenues, celles qui s’agrippent aux murs de peur de s’envoler. Il est seize heures mais le ciel est noir, les veuves se courbent de tristesse et les linceuls s’envolent par coups d’espoir pour dégréner la nuit.
Les ruelles sont assassines, elles se craquent d’ennui puis dévorent vos rêves, s’épongent de vos récits puis s’emparent de vos trêves comme une vaine course après la vie.


Ville au coin du monde, 18 juin 1856.

Un jour un homme a dit : « L’aisance est à porter sous une vision de paix digne de son nom… »
Voilà bientôt trois ans que j’erre sous un pont pour voir couler ma vie. On dit des villes rayonnantes le plus beau des sacres, celles qui brillent aux mouvements, aux fines foulées de jambes qui claquent l’usure de la vie par envolées de cendres pour plaider l’évasion.
Depuis quelques mois Plambourg dite ville du festin, du rire et du commerce paraît bien morne. Autrefois, les places étaient bavardes et les rues chantantes, les femmes dansaient leurs robes pommes et leurs chapeaux de cabarets. Certains hommes fumaient, parfois quelques cigares jusqu’à se désosser les doigts et quelques sèches entassées pour garder bon aspect. Mais voilà qu’aujourd’hui, ces êtres consumés d’un autre temps se laissent faner d’une âme bien charitable. Les pétards ne sont plus du jeu, ils errent sur les trottoirs de flaques en flaques, sur le reflet d’un nuage, espérant s’envoler.
Lorsque le jour se lève, les rues s’inondent de barques échouées, ces grands navires en fer chavirant d’un regard sous la brume du matin. Les murs crachent le jour comme un appel à l’aide puis s’étouffent au clair de lune.
Les hommes s’étendent, certains pendus, valsant aux mélodies du vent et d’autres s’arment de cordes pour faire tomber le ciel. Alors les culs-de-sac se parent de mystères, plongés dans l’infini, dans les recoins d’un monde. Alors les couples dansent puis s’envolent comme un vague à l’âme, et les chercheurs d’or s’emparent de rêves à la poursuite des incestueuses pitreries comme des chaperons d’étoiles.


Sur le rebord du monde, comme du sable en mer, 19 juin 1856.

Plambourg… on dit bien des rumeurs sur ses vallées, ses rives et ses femmes. Il y a de cela cent ans, un château s’élevait près de l’océan, les gens couraient sur le sable à s’y décrocher les pieds, s’entassant sur les ponts, craqués d’exaltation. Lorsque le soir s’avançait les ruelles se saoulaient du rire et les maisons des bas côtés se penchaient comme des arches, les yeux écarquillés. Il y avait des conteurs sur les places et des bars vides où la mousson des verres s’envolait aux jupes sensuelles, ces robes de lèvres sanguines qui brassaient l’ennui. Les couples s’éloignaient près des vagues pour voguer leurs mains d’envie, et plus loin, inconscients, il y avait ces jeunes enfants, fils de soldats et fils de geôliers, qui s’emparaient de rêves, cloîtrés dans leurs pâtés de sables, et comme pris de folie, ils accablaient le sol de coups, les mains comme des pioches, frappant le sol pour faire grandir la mer.
Sur les bancs du port, les vieux matelots s’étouffaient de leur âge, inspirant la brise que l’océan leur offrait, puis ils soufflaient les voiles des galions à s’imploser le corps pour faire valser leurs souvenirs.

 


 
 
© Damien Corbet -Tous droits réservés.

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Le Dimanche 07 Mars 20101 commentaire(s)

 

La ligne noire




02 mars 1892, Singapour, un mouchoir dans la poche.

Sur les égouts fumants de la 5ème avenue, on entendait le vent gronder comme une foule de soldats mécontents. On regardait parfois le regard des passants fuir comme une balle perdue, et puis de temps à autre le sourire des coins noirs s’offrir à l’inconnu. Il fut un temps l’ailleurs lorsqu’aux bouts des lèvres d’un monde l’homme courait après ses lignes tandis que d’autres, peintres, traçaient, de peur de voir l’horizon friser, de peur de voir l’humanité se perdre aux femmes des bas-côtés, sur une bordure de l’univers. Sur le trottoir gauche des rues, des hommes se rassemblaient pour contempler la nuit. On y voyait l’aveugle prenant racine et qui, du bout d’une branche, volait la nuit d’une robe d’ombre pour assouvir sa soif d’infini. On y voyait de beaux hommes et d’autres moins aidés qui, tous unis, tapaient le sol du pied pour y créer la vie, qu’importe sa féminité. 02 mars 1892, Singapour sur une grande ligne noire voyait le ciel tomber, asphalte, sous la droiture de l’horizon et l’homme, sur un cil d’inconscience fermait ses yeux, ému, comme un mouchoir dans la poche.


14 avril 1896, sur un bouton de prose.

Il est 20 heures et le deuxième district s’allonge sur le port. Sur les embarcadères, lorsque les jeunes hommes en jaune et bleu s’adonnent aux vagues, on y voit de grands gens, de petites femmes et des mouettes à longues dents, pour morceler ces robes que l’esprit perd dignement en mer. Vous y verrez des dames portant le poids du monde, vous y verrez des hommes, porter le poids des larmes, et les navires, valser sur les courants du monde. 14 avril 1896, il est 20 heures et le deuxième district s’allonge comme une plage de sable, et les marins s’en vont, silencieux, sur une boîte à paroles lorsque le cœur d’un homme laisse l’ancre sur bouton de prose. La ligne noire, l’homme est un phare perdu sur l'horizon, se clamant roi porteur d'espoir... sur le mauvais versant de la raison.

 

 



© Damien Corbet -Tous droits réservés.

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Le Vendredi 05 Mars 2010Poster un commentaire
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  • " Deux tires a-visés vallent mieux qu'un mort bien cadré..."
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